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Opinion | L’ostéopathie est essentielle, l’encadrement de la profession l’est tout autant

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Jusqu’au 8 mai, nous soulignons la Semaine internationale de l’ostéopathie (#SIO2021). Pour notre association, il s’agit habituellement d’un moment privilégié pour faire le point sur la profession. Cette année plus que jamais, ce rendez-vous revêt un caractère particulier avec la création -que l’on souhaite imminente- d’un ordre professionnel et au terme d’une année où les ostéopathes étaient aux premières loges des effets de la pandémie sur la population.

L'ostéopathie a tout juste la jeune quarantaine au Québec, il s’agit d’une thérapie manuelle qui gagne en popularité, notamment pour son approche douce et globale. C’est 1 Québécois sur 4 âgé de 18 ans et plus qui a déjà eu recours à un traitement ostéopathique (Léger 2020) tandis qu’on évalue le nombre de séances dispensées à plus de 2 millions par année au Québec.

Néanmoins, l’ostéopathie n’est toujours pas une profession légalement encadrée, et ce, malgré plus de deux décennies de revendications et de travaux en ce sens. Bien qu’Ostéopathie Québec possède des mécanismes de surveillance et de régulation, l’association plaide avec vigueur pour la création de l’ordre professionnel des ostéopathes, entre autres pour garantir la protection du public ainsi qu’une formation de haut niveau, standardisée et conforme aux exigences du système professionnel.

Heureusement, la situation pourrait être appelée à changer rapidement, car l’Office des professions du Québec, ayant conclu à la nécessité d’encadrer la pratique, lançait l’automne dernier une importante consultation publique. La question n'est plus de savoir s'il y aura un encadrement professionnel des ostéopathes, mais bien quand la profession sera régulée. Ostéopathie Québec, forte de ses quelque 1700 membres, vient d’ailleurs tout juste de déposer son avis à l’Office à l’occasion de la consultation qui prenait fin le 1er mai.

L’ostéopathe, travailleur essentiel

Au printemps 2020, après avoir vu comme tant d’autres leurs activités suspendues, les ostéopathes ont repris du service à titre de travailleurs essentiels dans le grand respect des règles sanitaires et au soulagement de leurs clients. Depuis, ils font partie des professionnels de la santé qui œuvrent à freiner les effets de la pandémie dans la population. Selon un sondage récent d’Ostéopathie Québec mené auprès de près de 500 praticiens (Boîte de comm), la quasi-totalité (94%) des ostéopathes consultés dit constater des effets importants de la pandémie sur l’état de santé globale des personnes qui les consultent.

Ce sont les impacts sur la santé psychologique qui sont les plus marqués. En effet, si 15% affirment observer des impacts « très importants » sur la santé physique des clients, cette proportion triple (44%) en ce qui concerne les impacts sur la santé psychologique. Jamais n’aura-t-on vu autant de détresse sur nos tables de traitement ostéopathique.

Dans sa pratique, l’ostéopathe a une approche globale de la personne. La clientèle profite d’un traitement manuel en douceur, où il y a dialogue, présence physique et confiance issue du lien thérapeutique.

Les ostéopathes forment un maillon important de l’offre de soins de santé au Québec. Ils sont régulièrement consultés en première ligne et œuvrent dans un environnement de collaboration interprofessionnelle. Tous les jours, ils s’appliquent à la reconnaissance de notre profession en aidant et en soulageant leurs clients. L’ostéopathie est essentielle et a parfaitement sa place dans le système dans une perspective globale de la santé. Il est maintenant temps de se tourner pleinement vers la protection du public et d’encadrer dans les meilleurs délais la profession.

Publiée dans Le Nouvelliste, 7 mai 2021

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